Lot 72 — Léopold SURVAGE (1879-1968)

Lot 72
Estimation basse 50 000 €
Estimation haute 70 000 €
LéOPOLD SURVAGE (1879-1968)

Le Cheval, 1933

Huile sur toile.
Signée et datée en bas à droite
162,5 x 130 cm
 Provenance : - Vente Blache, Versailles, 19 juin 1979 , n°193 (étiquette au dos)
- Collection particulière, Paris
- Puis par descendanceCette œuvre est enregistrée dans les archives de Madame Anne-Marie Divieto.Survage, né en Russie, élève de l’école des Beaux-Arts de Moscou fréquente très tôt les
artistes de l’avant-garde tels Larionov et Bourliouk, visite la collection Chtchoukine où il y
découvre Gauguin et Matisse. A l’hiver 1910/1911, il participe à la légendaire exposition
moscovite du « Valet de carreaux », réunion des peintres les plus avancés de l’avant-garde
européenne.
Emigré à Paris dès 1908, il côtoie les artistes des mouvements Cubistes et Néo-cubistes
de la Section d’Or. Il fréquente André Salmon, Picasso, Modigliani et Guillaume Apollinaire
qui organise sa première exposition personnelle à Paris en 1915 à la Galerie Bongard.
Ses « Rythmes Colorés », dès 1913, très révolutionnaires, combinaisons à la fois spatiales
rythmiques et musicales, colorées et dynamiques sont rattachables à l’abstraction naissante
et à l’orphisme de Robert Delaunay. Apollinaire est l’un de ses fervents défenseurs
dans sa revue « les Soirées de Paris ». Blaise Cendrars écrit à leur propos « on croirait
assister à la naissance même du monde ».
Il subit après la guerre l’influence du cubisme synthétique de Picasso, partagée avec de
nombreux artistes tels Archipenko, Gleizes, Férat, Léger, Marcoussis. En 1920, il dépose
les statuts de la « Section d’Or », association de peintres cubistes qui se charge d’organiser
des expositions en France et à l’étranger. Léonce Rosenberg de la galerie « l’Effort
Moderne » l’expose, Serge Diaghilev des ballets Russes lui commande les décors et costumes
pour l’opéra bouffe de Stravinsky « Mavra ».
On regroupe sa période suivante sous le terme des « années Collioure », son lieu de
villégiature estival en bord de Méditerranée qui va éclaircir sa palette. Survage tente une
conciliation entre le cubisme synthétique de ses années de jeunesse, les baigneuses monumentale
de Picasso, et l’art puriste de Fernand Léger.
En cette année 1933, « Le Cheval » est un témoignage exceptionnel et monumental du
changement d’orientation de la peinture de Survage, du passage d’un art constructif à un
art onirique et surréalisant. A Tossa en Catalogne, le peintre avait été témoin lors d’une
feria de la charge dramatique d’un taureau au travers de la foule puis de de la capture de
la bête furieuse. Au travers du souvenir, plusieurs tableaux vont refléter cette scène saisissante
pour le peintre : brutalité de la force animale, peur panique des humains et angoisse
désespérée au moment imprévu où la vie bascule. Il y a une pertinence à mettre en parallèle
notre tableau avec « la Mort du Toréro » de Picasso (Musée Picasso, Paris) peint cette
même année 1933. Grâce aux lignes cursives des personnages, au dessin ondulant du
pelage du cheval, au geste incantatoire de l’homme qui tente d’arrêter l’animal, Survage
substitue au réalisme brutal de l’espagnol, un onirisme issu de sa culture slave.

Maison : Kahn & Associés

Date : 20/10/2021

Lieu : Salle 10 - Hôtel Drouot , 9, rue Drouot 75009 Paris

Les lots sont vendus en l'état. L'évaluation des œuvres reflète l'état de conservation au moment du catalogage. Les acquéreurs sont tenus de payer en sus du prix d'adjudication les frais légaux en vigueur.

Pour toute information complémentaire, veuillez contacter le cabinet.

Lien copié !

Autres lots de la vente

MAURICE DE VLAMINCK (1876-1958)
Le village, 1947.
30 000 / 40 000 €
ANDRé LHOTE (1885-1962)
La Cadière, chemin du moulin, circa 1957.
4 000/7 000 €
BALTHUS (1908-2001)
Jeune fille étendue, 1948
12 000/15 000 €